Auteur/Realisateur : Jean-Pierre FILIU, Préface de Jean-Noêl Jeanneney
Editeur : Ina / Nouveau Monde Editions
Date de parution : mai 2008
Nombre de page : 350
Prix : 22 €
ISBN : 978-2-84736-317-3
Resumé :
Du 17 mai au 23 juin 1968, la grève des quelque douze mille personnels de l'ORTF, à Paris comme en province, a imposé un service minimum de l'audiovisuel, sous contrôle syndical. Durant ces semaines d'agitation revendicative, les différentes catégories professionnelles, techniciens, cadres, réalisateurs ou producteurs, ont tenté de promouvoir ensemble un projet pluraliste et autonome. Les grévistes se sont efforcés de mobiliser l'opinion publique, les partis politiques et les artistes. Une « opération Jéricho » a même été organisée autour de la maison de la Radio pour faire tomber le « mur » de l'intransigeance gouvernementale. Le conflit a eu beau se prolonger, l'Intersyndicale n'a obtenu aucune avancée substantielle. Les journalistes de télévision, isolés mais déterminés, ont poursuivi leur mouvement jusqu'au 12 juillet. Les sanctions ont alors frappé un journaliste sur trois à l'ORTF (et un gréviste sur deux), avec près d'une centaine de licenciements ou de mutations arbitraires. La radio-télévision est ainsi le seul service public à avoir subi l'épuration au lendemain de Mai-68.
Malgré le caractère exceptionnel de cette crise, elle a largement disparu des mémoires collectives, l'historiographie de Mai-68 lui accordant au mieux une place marginale. Pourtant, au-delà du débat sur le statut de l'audiovisuel, cette grève éclaire aussi bien l'état de la France de Mai que les tergiversations de la famille gaulliste ou le processus de décision syndical. Elle constitue un moment historique privilégié, à propos duquel la réflexion reste féconde.










