
Maître de conférences en communication à la Faculté des Sciences politiques et de la communication de l’Université d’Alger, conseiller pour le cinéma au ministère de la Culture algérien, Ahmed Bedjaoui a mené une riche carrière dans la presse, le cinéma et la télévision. Diplômé de l’IDHEC en 1966, titulaire d’un doctorat en littérature américaine, enseignant, journaliste, il a tenu dans la presse écrite des rubriques sur le cinéma, la télévision et la radio. Il a produit des émissions sur le cinéma à la télévision algérienne, avant d’en diriger le département de production cinématographique. Il a été conseiller pour la communication auprès du Premier ministre algérien et a mis en place une réforme des structures juridiques du cinéma algérien. Il a également eu des responsabilités auprès de la Commission européenne, notamment en coordonnant le programme Remfoc Med-Media pour la formation continue des journalistes francophones.
Depuis le milieu du XIXe siècle, les pays du Maghreb ont vécu entre l’identité arabe symbolisée par la Renaissance (Nahda), apparue au Mashrek et l’influence européenne représentée par le système colonial français. On retrouve cette dualité culturelle dans les évolutions de l’audiovisuel maghrébin. Ahmed Bedjaoui inscrit ce paysage audiovisuel dans sa profondeur historique. Depuis les indépendances, des monopoles d’État, calqués sur le système français, jusqu’à l’explosion des chaînes satellitaires des pays du Golfe, le public vit une véritable schizophrénie biculturelle. Ce grand marché de l’information, où se croisent paroles arabes et occidentales, n’induit pas forcément le pluralisme démocratique. Néanmoins, la société civile arabe a beaucoup évolué. Et, à l’heure du numérique et de l’Internet, le public maghrébin commence à manifester des choix citoyens.
La présence d’une forte communauté européenne dans les trois pays du Nord du Maghreb a poussé plusieurs générations à devenir, dès les premiers films des frères Lumière, des partisans assidus du spectacle cinématographique. Là où une église s’était érigée, une salle de cinéma avait vu le jour. À titre d’exemple, en 1962, l’Algérie disposait de 440 salles de cinéma, ce qui la plaçait au premier rang africain, bien loin devant l’Égypte qui n’en comptait alors que 220. Cet important réseau a permis aux citadins maghrébins de se doter d’une culture iconographique qui va peser dans l’avenir de la création par les images.
Indépendance et télévisions nationales
Dès 1957, la télévision française avait, dans un souci d’appuyer sa politique dite de « pacification », lancé les premières transmissions terrestres. Beaucoup d’Algériens ont fait partie des premières équipes techniques. Certains d’entre eux n’allaient pas tarder à rejoindre Tunis, où le Gouvernement provisoire de la République algérienne avait décidé de riposter en créant un service cinématographique destiné à porter la voix du Front de libération au cœur de l’opinion publique internationale.
La télévision nationale est apparue en 1962 en Algérie et au Maroc et en 1966 en Tunisie. Est-il besoin de préciser que les trois pays ont reproduit, dès le départ, la tradition française de monopole d’État de la radiodiffusion publique ? Ils ont décidé de créer en 1966 la Maghrebvision. Les premières émissions produites dans ce cadre régional ont été diffusées en 1970, avant de connaître en 1975 un arrêt brutal dû au conflit du Sahara occidental. Ce conflit allait mettre fin à toute forme de coopération horizontale entre les trois pays, malgré la création vingt ans plus tard, de l’Union du Maghreb arabe. L’UMA avait eu le temps de mettre en place un accord de coproduction cinématographique qui n’a pas été dénoncé à ce jour, ce qui a permis à l’Algérie et la Tunisie de coproduire sept films à ce jour, tandis que le film « Indigènes » de Rachid Bouchareb (2006) est bel et bien une coproduction entre le Maroc, l’Algérie et la France.
En 1974, l’Algérie socialiste allait unifier la quasi-totalité de son territoire au Nord du Sahara tout en subventionnant à 50 % l’achat des téléviseurs par les citoyens, ce qui a permis à 85 % de la population d’accéder aux programmes de la Radiodiffusion télévision algérienne (RTA)1. Dans la foulée, et soucieux de toucher les populations les plus isolées du Sahara algérien, le Président Boumediene décidait d’être, avec le gouvernement indien, le premier à investir dans la transmission par satellite. La RTA a opté alors pour la location d’un transpondeur du satellite de communication Intelsat pour une diffusion indirecte, relayée par 14 petites stations au sol de la bande C, conçues pour couvrir (pour la diffusion télévisuelle et les communications téléphoniques) les zones urbaines et suburbaines du grand Sahara avec des paraboles de 11 mètres de diamètre !
Ce système est encore utilisé de nos jours. Soixante relais locaux reçoivent le signal à travers des satellites de nouvelles générations comme le Newsky NNS 7 sur bande numérique KU, ce qui permet la transmission à la fois directe et indirecte pour une couverture de tout le continent africain. Ainsi, de petits relais situés au sein des ambassades d’Algérie et du Maroc, couvrent Nouakchott où vit la moitié de la population mauritanienne.
Au début des années 1980, les pays Maghrébins étaient connectés à l’Union européenne de radio-télévision (UER) via Eutelsat, tandis que l’Algérie était également reliée à l’Organisation des pays socialistes, l’Irto, via Interspoutnik.
Double attirance
Désireux de rétablir un équilibre face à l’influence européenne, les pays maghrébins ont joué un rôle actif dans l’Union arabe de radiodiffusion (Asbu). Abdallah Chakroun, ancien patron de la RTM, était ainsi devenu le premier Secrétaire général de l’Union, basée à Tunis. Lorsqu’Arabsat a été créé, Abdel Kader Baïri, un émule de la RTA, en fut, en 1982, le premier Directeur général.
Après avoir échoué dans leur tentative de développer un cadre subrégional de concertation, les pays maghrébins ont opté pour l’espace médiatique arabe comme second cercle de coopération transnationale. Cela se passait en 1984, et les chaînes étatiques du nord du Maghreb apparaissaient, avec leurs ingénieurs et leurs experts formés en Europe, comme les organisations les plus expérimentées du monde arabe pour la production de programmes modernes. Le volume d’images produites localement avait alors atteint 44 % en Algérie, tandis que le directeur général marocain de la RTM confiait dans une interview au journal « El Maghrib » en1985 : « Mon ambition est de produire une heure quotidienne, mais pour cela, il faudrait multiplier le budget de notre télévision par quatre ».
Qui aurait pu alors prévoir qu’avec l’arrivée d’Arabsat et, alors même qu’elles étaient au sommet de leur réputation, que les télévisions d’État maghrébines allaient subir de plein fouet l’hégémonie des chaînes satellitaires arabes ? Le premier satellite Arabsat, dénommé A2 et lancé en 1982, fut utilisé pour les communications téléphoniques et les échanges de programmes entre les chaînes d’État du monde arabe. Alger fut choisie pour abriter le centre d’échanges des vingt- deux États-membres, dont Arabsat respectait le monopole sur la diffusion. Cependant, il apparut rapidement que les offres potentielles des deux premiers satellites excédaient largement les capacités d’échange de programmes entre ces télévisions nationales, ce qui en a fait des outils excessivement coûteux et peu utiles. L’expert égyptien Hamid Kandil a très justement dit à ce propos : « Arabsat a été conçu, produit, lancé, supervisé et contrôlé par d’autres. Les Arabes ont transféré le produit, pas le process. C’est toujours la même histoire : nous avons volé la lampe d’Aladin, mais lorsque le génie en est sorti, nous avons montré qu’on ne pouvait pas le faire revenir dans la lampe2».
Des brèches dans les monopoles d’État
Pendant que les dirigeants affichaient leur satisfaction (c’est encore le cas aujourd’hui dans plusieurs pays arabes) face aux monopoles d’État constitués, en général, d’une chaîne unique destinée à délivrer la pensée tout aussi unique, certains experts mettaient en garde contre l’arrivée de chaînes transnationales par le biais de satellites de plus en plus sophistiqués. Ils ont, en particulier, conseillé d’investir dans des chaînes nouvelles et de promouvoir une politique volontariste de production afin de se préparer à l’inévitable compétition avec le secteur privé national, avant d’avoir à affronter des chaînes satellitaires arabes dans un combat qui s’annonçait déjà plus que douteux.
Devenus, par la force des choses, conscients de leur fragilité, tout en se montrant réticents à abandonner leur monopole sur l’utilisation des fréquences, les trois pays ont réagi de manière diverse à la déferlante annoncée. La télévision algérienne semblait, au début des années 1980, la mieux armée pour résister, ses experts choisissant de lancer en 1983 une seconde chaîne destinée à stimuler le service public. Quelques mois avant son inauguration, le Président Chadli annulait le projet, condamnant ainsi l’Algérie à se contenter, pour plus de 25 ans, à ce que les Algériens appellent l’ « Unique » 3. De leur côté, la Tunisie et le Maroc ont adopté une approche différente.
La Tunisie a été le premier pays, en 1989, à créer une brèche dans le monopole en permettant à la RAI Uno d’installer des émetteurs hertziens pour couvrir tout le pays. Mais le vrai danger, à cette époque, ne pouvait venir que des chaînes francophones. Le gouvernement tunisien prenait le risque de créer avec France Télévision une société mixte se présentant comme une deuxième chaîne avec, toutefois, un décrochage au moment du journal télévisé, au profit d’un journal officiel tunisien – avant que la chaîne ne devienne entièrement tunisienne en 1994 sous le nom de Canal 21. Autre chaîne privée : le 7 novembre 1992, jour anniversaire de la prise de pouvoir par le Président Benali, Canal Horizons Tunisie (filiale de Canal + France), commençait à émettre des programmes partiellement cryptés, dont la plupart étaient émis à partir de Paris, via le satellite Intelsat VI, pour être relayés par le réseau hertzien local et reçus pour l’équivalent de 20 euros. Le projet ciblait un public de 50 à 70 000 abonnés pour devenir rentable. Après 9 ans d’existence, le prix jugé élevé de l’abonnement pour seulement 20 000 abonnés, conjugué au piratage et à la concurrence de MBC, allaient avoir raison de Canal Horizons Tunisie.
Au Maroc, ce monopole a commencé à se fêler avec l’attribution en 1980 d’une fréquence radio à une société mixte constituée par la société publique française Sofirad et des intérêts saoudiens, qui lancent dans l’ancienne zone internationale de Tanger une radio privée appelée Medi 1. Cette chaîne a très vite adopté un ton de liberté dans le traitement des informations internationales. Medi 1 reste à ce jour extrêmement populaire au sein des publics maghrébins, en utilisant pour la première fois et de manière concomitante, les deux langues les plus parlées du Maghreb, l’arabe et le français. Le procédé allait être adopté avec bonheur par la chaîne 3 de la radio algérienne, puis par la chaîne marocaine de télévision commerciale (à ses débuts), 2M I, qui continue aujourd’hui encore à émerger de la grisaille du paysage audiovisuel maghrébin. Soutenue financièrement par l’État français, la chaîne française TF1 et Sofirad, ainsi que par le groupe marocain ONA, 2M I a commencé à émettre en 1988 en utilisant Intelsat 5F3 pour diffuser ses programmes cryptés (principalement en français) pour quelques heures d’émissions locales en clair. De nouveau, l’ambition affichée par 2M I d’atteindre le chiffre de 90 000 abonnés fut un échec. Mais, contrairement à ce qui s’est passé en Tunisie, les autorités marocaines ont préféré racheter les parts étrangères pour transformer la nouvelle chaîne 2M en deuxième chaîne nationale. Entre-temps, TV5 Europe a commencé à transmettre en 1984 par satellite. Lorsque TV5 évoqua dans un de ses bulletins le livre de Gilles Perrault « Notre ami le Roi », le Roi Hassan II prit aussitôt la décision de céder le réseau à la chaîne saoudienne MBC.
Si le Maroc et la Tunisie ont essayé au cours des années 1980 de trouver des chemins de substitution qui n’ont pas abouti, qu’en est-il de l’Algérie ? Après l’échec du lancement de la chaîne 2 en 1983, les autorités algériennes ont décidé de restructurer la RTA en la remplaçant en 1986 par quatre entreprises chargées de la télévision (ENTV), de la radio, de la production et de la télédiffusion. Le personnel des différentes entreprises issues de la restructuration a plus que doublé 25 ans après. Les émeutes de 1988 ont montré la colère de la rue algérienne contre les médias d’État, en particulier la télévision. Après l’adoption de la Constitution pluraliste en1989 et la Loi sur l’Information de 1990, qui consacrait la liberté d’expression et le droit à l’information, le chef du Gouvernement signait un décret qui garantissait au secteur privé le libre accès aux fréquences pour créer de nouvelles chaînes. La nouvelle loi a permis à des dizaines de journaux de la presse écrite de conquérir l’écrasante majorité du lectorat, mais n’a pas détruit le monopole d’État sur la télévision. L’Algérie dispose sans doute, depuis cette loi, de la presse la plus libre mais aussi et, malheureusement, de la télévision parmi les plus en retard du Monde arabe. « La télévision d’État, conçue pour renforcer l’unité nationale, a fini par nier les profondes différences culturelles qui en réalité façonnent une société intégrée », écrit Lotfi Madani 4.
Le ciel entier pour une parabole
En Algérie, la course aux équipements de réception satellitaire avait commencé en 1987 et elle s’est accélérée au cours des années suivantes. Les plus fortunés avaient investi dans de coûteuses antennes, tandis que les moins aisés se cotisaient pour installer des paraboles collectives sur les toits des immeubles. Les émeutes de 1988 avaient souligné la rupture avec l’idéologie dominante et montré l’ampleur du mécontentement populaire. L’échec du système politique, et son double rejet par l’élite et par les couches populaires, a mis fin à toute illusion quant à la crédibilité des moyens officiels d’information. « C’était comme si dans l’imaginaire collectif, la rupture avec toutes les formes d’archaïsmes a inévitablement désigné l’accès aux nouvelles technologies comme le passage obligé vers la modernité ». En conséquence, et « tandis qu’ils avaient montré leur incapacité, sous le régime socialiste, à trouver un consensus de maintien d’espaces de vie communs, les Algériens ont associé leurs efforts en vue d’acquérir les équipements nécessaires pour la réception des informations étrangères au moyen de la réception satellite », souligne Lofti Madani 5.
Un sondage mené par le Centre public Ceneap (Centre national d'études et d'analyses pour la population et le développement) a clairement indiqué que la majorité des personnes connectées (pour l’équivalent à l’époque de 50 euros par famille) à une parabole, vivaient dans un quartier populaire et que l’assiette de réception reliait entre 120 et 300 foyers. En dépit de la nouveauté du phénomène, Lotfi Madani note que, selon un sondage de Proxima Conseil, au moins 35 % des Algériens (9 millions) ont, entre 1988 et 1993, choisi de connecter leur récepteur à une antenne parabolique 6. Ce fort mouvement collectif indiquait une demande claire en faveur d’un autre type de communication sociale et politique. Joëlle Stoltz écrit dans un article intitulé « Les Algériens regardent Dallas » : « cette forme de regroupement contre l’État, ses abus et ses échecs est l’expression de la rencontre entre la dynamique sociale la recherche de l’innovation technique » 7.
Dans le même temps, les régimes du Maghreb se sont arrangés pour concentrer, de manière insidieuse et massive, l’ensemble des activités liées à l’information, la culture et le spectacle dans l’unique chaîne étatique, comme s’ils voulaient enfermer les individus dans leur espace intérieur dans le but d’obtenir leur complète allégeance au discours officiel délivré chaque soir au 20 heures. À cet égard, signalons que le nombre de tickets vendus dans les cinémas algériens avait atteint 23 millions en 1982, pour chuter à 11 millions en 1990 et à moins d’un million en 2003. Au cours de cette période, 95 % des salles de cinéma ont fermé leurs portes.
En 1988, l’Algérie a été confrontée à une énorme crise économique qui a semblé, à l’instar de tout le camp socialiste, résonner comme la fin d’une époque.
L’avènement des chaînes satellitaires s’est donc produit dans un climat hautement détérioré. J’aimerais, ici, insister sur le fait que le choix des chaînes étrangères, fussent-elles européennes ou arabes, a obéi à un libre choix citoyen. Le terme « invasion » fut plutôt utilisé par les milieux officiels, qui préféraient alors se référer aux “masses” plutôt qu’aux « citoyens ».
La Tunisie fut le premier pays de la région à promulguer en 1985 une loi qui imposait un accord préalable des ministères de l’Intérieur et de la Défense pour installer une parabole. Cette mesure coercitive n’a pas empêché le pourcentage des foyers équipés de passer de 5 % en 1991 à 39 % en 1998. Abdallah Chakroun, qui livre ces statistiques, affirme que les deux tiers des achats se sont faits sans autorisation. En 1992, le gouvernement marocain décidait d’une taxe de 700 euros pour l’achat d’une parabole individuelle 8.
Les autorités algériennes quant à elles ont opté pour un total « laissez-faire », ce qui a conduit 60 % des Algériens à recevoir les chaînes étrangères dès 1998. Abdallah Chakroun note que, dans le même temps, le gouvernement français signait, en 1993, un décret modifiant le code de l’urbanisme qui imposait un permis délivré par les autorités locales pour installer une parabole. Derrière les raisons esthétiques avancées par les auteurs du décret, se cachait mal l’intention de cibler les populations émigrées désireuses de se connecter aux chaînes arabes, mais aussi aux chaînes nationales créées à leur intention dans les trois pays du Maghreb. Ainsi, Canal Algérie pouvait être reçu en Europe grâce à Eutelsat. L'exemple fut rapidement suivi par la chaîne marocaine 2M et par la télévision tunisienne.
Guerre du Golfe et médias : la fin d’une époque
Le bilinguisme arabe/français des spectateurs maghrébins leur permet d’être à la fois proches géographiquement de l’Europe, tout en partageant avec le Monde arabe des similitudes culturelles. Pendant un temps, les spectateurs furent séduits par le modèle commercial de société affiché par l’Europe. Mais, avec la première guerre du Golfe en 1991, les Maghrébins se sont sentis agressés par des messages belliqueux qui ne leur étaient pas destinés et l’attraction s’est muée en répulsion.
En termes de communication, cette guerre, affirmait Noureddine Sail, ancien directeur des programmes à Canal Horizons (France) et ex-directeur général de 2M (Maroc), « a marqué la fin d’une époque… L’Occident libéral avait accepté que les États-Unis imposent une censure militaire sur chaque image qui nous était envoyée par CNN. Ces images transformées par Bush et Saddam étaient devenues une sorte de monopole médiatique mondial » 9.
Et, comme l’administration socialiste française soutenait la guerre contre l’Irak, les chaînes européennes se sont mises à servir aux téléspectateurs du Maghreb, qui étaient contre cette guerre dans leur grande majorité, la douleur au lieu du plaisir attendu. Le divorce semblait consommé et la majorité de la population a tenté de trouver le ciel sous les satellites arabes.
En référence à un sondage paru en 1993 au Maroc, mené par Sunergia, Hassen Smili écrit qu’en termes d’audience, la chaîne nationale marocaine TVM (Télévision marocaine) devançait largement toutes ses concurrentes, ses suivantes immédiates étant 2M et MBC. Cette dernière gagnait déjà 14 % de l’audience, tandis que suivaient TVE avec 13 %, TV5 avec 5 %, et la chaîne algérienne ENTV (très suivie aux frontières est), avec 4,6 % 10. Créée par le milliardaire saoudien Cheikh Saleh et d’abord basée à Londres, MBC fut la première chaîne satellitaire arabe à réaliser une pénétration significative au Maghreb. Son statut non crypté et ses programmes entièrement en arabe, combinés avec le savoir-faire européen, ont rapidement séduit les Maghrébins. Belkacem Mostefaoui note que, selon un sondage Sofres réalisé en 1993, ce sont les publics de langue arabe, les spectateurs ruraux et d’un faible niveau d’enseignement qui représentent l’essentiel de l’audience de MBC. La même remarque peut s’appliquer en Algérie lorsqu’on en vient à comparer MBC avec les chaînes françaises. Ce sondage montre que l’influence des chaînes françaises restait limitée à une partie de la jeunesse et aux familles les plus aisées des grandes villes11.
Schizophrénie culturelle
On l’a souvent dit, la première guerre du Golfe a laissé dans les opinions du sud de la Méditerranée un fort sentiment de suspicion à l’égard des médias européens. Les publics arabes, déçus à la fois par « l’info-spectacle » caractérisant la « démocratie cathodique » à l’européenne et par l’immuable rituel des activités de leurs rois et présidents, ont découvert, pour un temps, des journalistes arabes flirtant avec la liberté d’expression, en utilisant le savoir-faire européen, pour s’aventurer dans les préoccupations quotidiennes de leurs téléspectateurs arabes. Cette combinaison semble nourrir l’aliénation et la schizophrénie biculturelle des publics arabes dans ce qui apparaît comme un parfait compromis entre la réalité du quotidien et les images qu’ils reçoivent à partir d’un environnement étranger, mais délivrées en langue arabe, dans un style qui ne heurte pas les rites sociaux traditionnels. La ligne virtuelle de division pourrait être matérialisée par la relation des spectateurs avec la sphère publique lorsqu’ils suivent leur chaîne nationale et avec la sphère privée lorsqu’ils expriment leur choix individuel pour une chaîne étrangère.
Selon une étude menée en Algérie et en Tunisie, une majorité d’hommes reviennent vers le journal télévisé du soir sur la chaîne nationale, alors que 60 % de femmes continuent à suivre les chaînes arabes privées comme MBC. Cette donnée semble bien confirmer une tendance lourde : quel que soit le degré de leur adhésion au pouvoir en place, ou de son rejet, la loyauté des hommes pour le 20 heures local pourrait s’apparenter à un acte d’allégeance au discours officiel. Dans la sphère privée, le téléspectateur isolé dans le noyau familial éprouve le besoin rituel de vérifier chaque soir son appartenance au groupe plus large fondu dans l’État-Nation. Ainsi, et comme le souligne Dina El-Khawaga : « Le développement des chaînes satellitaires semble réjouir à la fois les émetteurs et les récepteurs. Les États affectent de reconnaître que la technologie de transmission rejoint leur ouverture politique et moderniste…, tandis que les forces d’opposition voient dans ces nouvelles chaînes un moyen efficace d’expression et de visibilité » 12. Beaucoup d’opposants arrivent en effet à s’exprimer sur Al Jazeera ou Al Arabia, lorsque les portes des médias nationaux se ferment devant eux. On retrouve pourtant la double tentation schizophrénique avec l’exemple des islamistes algériens qui, au début des années 1990, ont vainement tenté de dissuader leurs électeurs de se connecter à ce qu’ils appelaient les « para-diaboliques », tout en profitant largement des invitations aux talk-shows de la chaîne algérienne avant les élections de 1991, avant de devenir des invités réguliers des chaînes européennes, puis d’Al Jazeera à la fin des années 1990.
Dans son article « Dépendance culturelle et création audiovisuelle », Yvonne Mignot-Lefebvre dénonce le concept d’une hégémonie grandissante des médias occidentaux sur les médias du Sud. Elle avance que la nouvelle offre sur le marché mondial de l’audiovisuel a créé un intérêt réel pour des programmes comme ceux produits par Globo au Brésil ou par Televisa au Mexique, qui ont mené à une renaissance du sentiment d’appartenance aux racines amérindiennes. Mais nous pourrions également ajouter l’exemple des séries arabes qui fascinent des dizaines de millions de téléspectateurs 13.
Comme l’observe N. Sail, plus nos sociétés s’ouvrent sur l’universalité, plus on note une aggravation d’un nationalisme frénétique qui, inévitablement, conduit à une schizophrénie plus ou moins tranquille. En réalité, la nature de la demande réside dans la répression des différentes composantes culturelles qui structurent les sociétés maghrébines 14. Le chercheur Tunisien Larbi Chouikha confirme que le choix des images ne passe plus par le filtre étatique ». Et de conclure : « La télécommande n’a pas besoin des visas des uns et des autres » 15.
Le grand marché de l’information
Après le succès de la saoudienne MBC, un grand nombre de chaînes satellitaires arabes sont apparues dans le ciel maghrébin. Parmi elles, une autre chaîne saoudienne, ART, créée en 1993, qui a récemment acquis, pour l’espace arabe, les droits exclusifs du Championnat d’Afrique de football puis de la Coupe du monde de football 2006 en Allemagne. Outre la surenchère sur les prix d’acquisition des droits télévisuels sur le football, les chaînes nationales ont ainsi perdu une nouvelle bataille pour le contrôle du label national, si proche de l’ultime carré de souveraineté. Le groupe saoudien Orbit, pionnier de la télévision payante (bouquet de chaînes proposant du divertissement) a, pour un temps, semblé attirer les audiences du Maghreb. Mais la grande nouveauté fut l’intrusion, en 1996, dans le cercle très fermé des chaînes d’information continue de la qatarie Al Jazeera aux côtés de grosses cylindrées anglo-saxonnes comme CNN, BBC World ou Fox. En raison de ses affinités pro-islamiques, Al Jazeera et ses talk-shows a rapidement détrôné MBC. Après les attaques terroristes de 2001 à New York et l’invasion de l’Afghanistan, l’impact d’Al Jazeera s’est accentué et a obtenu ses meilleures audiences lors de l’invasion de l’Irak en 2003 par les troupes de la coalition.
Derrière les manifestations contre cette guerre se cachait mal le désenchantement de la rue maghrébine face à la nouvelle défaite peu glorieuse de Saddam Hussein. Après les échecs répétés des régimes du Moyen-Orient face à Israël, les peuples du Maghreb se préparaient déjà à s’éloigner de l’idéologie panarabe pour se rapprocher de l’Europe. Plus que jamais, le zapping s’avérait être le meilleur outil pour nourrir tel ou tel segment de l’identité culturelle multiple des Maghrébins, en particulier les racines berbères qui émergeaient comme une revanche sur l’Histoire.
La chaîne d’information continue Al Arabyia, relayée par Hotbird, a su utiliser la conjoncture pour partager l’audience avec Al Jazeera, qui demeure cependant dominante dans la région.
Deux autres chaînes sont apparues dans le ciel maghrébin : la chaîne religieuse saoudienne Iqraa TV, lancée par Cheikh Saleh, reçue via Arabsat et Hotbird, et la chaîne libanaise Shiite El Manar soutenue par Hezbollah. L’impact de ces deux chaînes est variable selon les événements et les conjonctures.
La chaîne libanaise LBCI est également populaire parmi les adolescents, bien que considérée comme peu respectueuse des traditions par les milieux traditionnels. Depuis 1994, la chaîne d’État algérienne a commencé à transmettre ses programmes par satellite, visant ainsi les trois millions et demi de Nord-Africains vivant en Europe, à travers la chaîne bilingue Canal Algérie et, depuis 2001, le monde arabe par le canal 3 via Arabsat. Les deux chaînes n’ont pas réussi à être autre chose qu’une pâle copie de la chaîne nationale publique. Ce constat vaut également pour les chaînes marocaines et tunisiennes dirigées vers l’étranger, avec une exception pour 2M qui semble, grâce à son volume de production locale, être avec Canal Algérie la chaîne la plus regardée en France. Deux chaînes communautaires, Berbère TV (BRTV) et Beur TV, lancées depuis la France respectivement en 2000 et 2003, n’ont jamais atteint un pourcentage significatif d’audience, que ce soit en France ou en Algérie, malgré les 12 millions de berbérophones vivant en Algérie, au Maroc ou en France. Ces chaînes, de statut français mais d’identité maghrébine, ont pour un temps pesé sur les campagnes électorales maghrébines, avant de renoncer à intervenir dans le champs politique. Lancée au Maroc en 2006 dans la zone franche internationale de Tanger sur le modèle de la radio internationale du même nom, la chaîne d’infos Medi 1Sat est financée majoritairement par des capitaux marocains et par l’État français à hauteur de 34 % à travers la Compagnie internationale de radiotélévision (CIRT).
Inquiet de l’érosion régulière de l’audience des chaînes françaises au Maghreb et irrité par la présence des chaînes par satellite arabes du Mashrek, le gouvernement français a décidé de lancer France 24, une chaîne d’information continue destinée à concurrencer à la fois CNN, BBC World et Al Jazeera, mais sans lui affecter les moyens financiers dont disposent les grands réseaux déjà en place. « Chaque jour, 40 % des leaders d’opinions regardent France 24 en Algérie et 90 % déclarent la connaître », a affirmé lors d’une conférence de presse tenue à Alger en avril 2009 Alain de Pouzilhac, p-dg de l’Audiovisuel extérieur de France et président du directoire de France 24. Au Maghreb, et selon une étude TNS-Sofres, 80 % des leaders d’opinion tunisiens déclarent regarder cette chaîne, contre 73 % au Maroc. Les sondeurs ne précisent pas toutefois ce que recouvre le vocable incertain de « leaders d’opinion » 16.
Autre chaîne qui diffuse depuis le 12 juillet 2008 en langue arabe, Euronews s’attaque à son tour au marché arabe de l’info continue. Le service arabe d’Euronews espère faire mieux que lors de l’expérience de la fin des années 1990 et concurrencer ainsi les nombreuses chaînes tout info qui inondent le ciel maghrébin. Difficile pari pour des ondes qui font leur intrusion dans des foyers réclamant le droit humain à la libre circulation ! Diffusée sur 35 satellites, Euronews a été créée en 1992 en Europe et compte à présent 21 actionnaires sur les deux rives de la Méditerranée, dont la télévision algérienne à hauteur de 0,33 %, au même titre que les télévisions tunisienne et égyptienne. De passage à Alger en mai 2008, le p-dg d’Euronews a annoncé que la chaîne est intéressée par le projet de création de nouvelles chaînes numériques terrestres en Algérie.
De son côté, et bien qu’elle demeure la chaîne généraliste la plus regardée dans le Maghreb, TF1 est en net recul en Algérie, à l’exception des créneaux de diffusion en direct des grands matchs de football. Même les matchs européens subissent la concurrence des bouquets arabes comme ART et Al Jazeera. Selon le journal L’Expression (Algérie), « les Algériens, qui sont pour la plupart branchés sur le numérique, regardent aujourd’hui plus France 2, France 3 sur Nile Sat et BFM TV sur Hotbird que TF1 sur analogique » 17.
Lancée en avril 2009 à partir de Tunis par le groupe publicitaire Karoui & Karoui, la généraliste Nessma TV est actuellement la chaîne qui monte. Elle a réussi à s'implanter surtout en Algérie. Par contre, les sondages la placent en Tunisie derrière Hannibal TV et la chaîne publique Canal 7, tandis qu’au Maroc, elle reste minoritaire. C'est notamment grâce à la Coupe d'Afrique des nations de football 2010 et à son talk show quotidien « Ness Nessma » que la chaîne a capté des téléspectateurs. Selon l'enquête réalisée par l'institut Immar Algérie sur le mois de janvier 2010, la Coupe d'Afrique a même permis à Nessma TV de dépasser ses concurrentes sur le satellite, avec des taux d'audience de 39,5 %, 49,5 % et 55,4 % les trois premiers jours de la compétition. Nessma a repris du tonus grâce à l’entrée dans son capital des groupes Quinta Communications et Mediaset, du producteur franco-tunisien Tarak Ben Ammar et du magnat italien des médias Silvio Berlusconi qui montre des visées réelles sur le marché maghrébin des industries des médias et de son fort potentiel en termes de publicité.
Quelles conclusions tirer de l’impact réel de ces multitudes de chaînes arabophones (520 chaînes satellitaires diverses, publiques et privées, composent le paysage audiovisuel arabe, selon une présentation de l’Union des radios et télévisions arabes (l’Asbu, basée à Tunis) francophones et parfois berbérophones qui font les yeux doux aux publics maghrébins ?
Il convient tout à d’abord de rester prudent devant les sondages et les déclarations triomphantes des uns et des autres. Certes, le marché de la publicité et de l’Internet attisent bien des convoitises, mais il ne semble pas exister de position durablement acquise, sauf pour les chaînes nationales qui, passées les embellies des chiffres pour telle ou telle chaîne satellitaire, récupèrent en partie leur public au moins pour le journal de 20 heures, ce qui suffit à leurs dirigeants. Seules quelques chaînes comme Al Jazeera ou TF1 réussissent à garder un cap régulier. Pour les autres, le zapping fait loi. Les téléspectateurs maghrébins nomadisent énormément et seuls de grands événements peuvent les fixer sur les chaînes étrangères.
Ainsi, et après l’érosion déjà signalée de l’idéologie panarabe dans les années 1990, les incidents qui ont entouré le match de football Égypte-Algérie de 2009, ont confirmé une profonde cassure entre le Mashrek arabe et le Maghreb arabo-berbère. Parallèlement, la question de l’usage de l’arabe dialectal maghrébin a renforcé des chaînes comme 2M et plus récemment Nessma TV.
Développement numérique et culture démocratique
Comme on peut le voir, la compétition au sein du grand marché de l’information a certainement profondément modifié la vision des Arabes quant au rôle des médias dans la vie sociale, économique et politique, mais aussi leur capacité à contrecarrer l’hégémonie des médias européens dans ce domaine sensible de la vie moderne. La question reste de savoir si ces changements se font en profondeur et sont en mesure de soutenir une culture démocratique indispensable pour affronter les défis du futur. Daoud Kuttab exprime ses doutes « au sujet de la vision libérale d’une progression soft vers la démocratie en se servant de la libre compétition au sein du marché de l’information » 18.
On ne peut nier toutefois que les sociétés arabes ont profondément changé, même si les cercles dirigeants se confinent encore souvent dans un archaïsme politique assourdissant et que les médias arabes, en particulier les chaînes satellitaires, ne font que confirmer et accompagner ce mouvement vers une modernité qui reste à définir dans ses contours spécifiques. Ces chaînes, qui servent à renforcer ce que Dale F. Eickelman19 appelle « une réelle identité basique », sont devenues des instruments privilégiés pour l’exercice de ce qu’on doit bien appeler la « média diplomatie ». Des réseaux comme Al Jazeera offrent des espaces de liberté tout aussi exotiques qu’exogènes, sachant que la plupart de leurs spectateurs se retrouveront la nuit venue face au ballet rituel des inaugurations et des discours présidentiels ou monarchiques, les deux se confondant parfois lorsque la succession se fait de père en fils dans des régimes dits républicains. La liberté de la presse en Occident est le résultat d’une évolution démocratique qui a commencé avec le siècle des Lumières. C’est la démocratie et l’État de droit qui créent la liberté de la presse et non l’inverse.
Nous sommes à un moment où le Maghreb s’apprête à aborder la révolution de la télévision numérique terrestre (TNT). Le Maroc a présenté en octobre 2009 une stratégie nationale pour la société de l’information et de l’économie numérique intitulée « Maroc Numéric ». L’Algérie réfléchit au lancement de cinq nouvelles chaînes numériques. Pour les pays du Maghreb, l’avènement de la TNT arrive à point pour permettre de mettre en place une économie numérique capable de générer un développement humain, et de créer des dizaines de milliers d’emplois au cours des décennies à venir. C’est sans doute, enfin, l’occasion d’ancrer un pluralisme endogène.
D’ores et déjà, la liberté de choix qu’offre le zapping télévisuel, l’accès de plus en plus massif à l’Internet, les multiplications des blogs sur la Toile, tous ces éléments renforcent l’idée que, parallèlement au discours dominant dans l’espace privé, l’espace public a acquis une consistance réelle et offre aux usagers des possibilités de plus en plus marquées de se comporter en citoyens libres.
Ahmed Bedjaoui, maître de conférences, département de la Communication,
Faculté des Sciences politiques et de la communication - Université d’Alger
(Date de mise en ligne : 07/04/2010)
1 Créée en en 1963, la RTA sera structurée en 1986 en quatre organismes autonomes, radio (ENRS), télédiffusion (TDA), production (ENPA) et télévision, l’ENTV (Entreprise nationale de télévision) . En 2010, l’ENTV exerce toujours le monopole de la diffusion des programmes télévisuels. Elle gère la chaîne du même nom et quatre autres chaînes : Canal Algérie (1994), Algérie 3 (2001), et depuis 2009, la chaîne Tamazight et la Chaîne du Coran. En 1991, l’ENTV devient un Établissement public de télévision (EPTV)
2 Hamid Kandyl, « Le satellite d’Aladin, le système de communication du satellite arabe » in Tiers-Monde, Paris, Armand Colin, juillet-septembre 1987
3 La deuxième chaîne, Canal Algérie, sera lancée en 1994. Cette chaîne généraliste est aussi destinée à la communauté algérienne et arabe en Europe
4 Lofti Madani, « Modernité et usages de la réception télévisée par satellite au Maghreb », Alger, NAQD Review N° 8/9, 1995
5 Lofti, Madani, op. cit
6 Lofti, Madani, op. cit
7 Joëlle Stoltz, « Les Algériens regardent Dallas », in «Les Nouvelles Chaînes », Paris, PUF, 1993
8 Abdallah Chakroun, in « Le Maghreb et le défi de l’image satellite », Rabat, ISJ, 1996
9 Noureddine Sail, « Images, Satellites et Maghreb » in « Le Maghreb et le défi de l’image satellite », op. cit
10 Hassen Smili, « Défi international et programmation nationale » in « Le Maghreb et le défi de l’image satellite », op.cit
11 Belkacem Mostefaoui, « Les sociétés maghrébines sous influence », in Naqd, op.cit
12 Dina El-Khawaga, « Le Journalisme télévisuel dans le monde arabe : l’essor d’une nouvelle profession », in « Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe », Paris, Maisonneuve & Larose, 2003
13 Yvonne Mignot-Lefebvre, « Dépendance culturelle et création audiovisuelle » in Naqd, op.cit
14 Noureddine Sail, « Images, Satellites et Maghreb » in « Le Maghreb et le défi de l’Image satellite », op. cit
15 Larbi Chouikha, Jean-Philippe Bras (dir.), « Médias et technologies de communication au Maghreb et en Méditerranée. Mondialisation, redéploiements et arts de faire », Tunis, IRMC, 2002
16 Faycal Metaoui, in « El Watan », Alger, 3 mai 2003
17 Amira Soltane, in « L’Expression », Alger, 24 décembre 2009
18 Cité par .hristopher Ayad, in « Middle East : Media Pluralism Via Satellite TBS 11 », Adham Center Cairo, 2004
19 Dale F. Eickelman, Jon W. Anderson, « New media in the Muslim World : the emerging public sphere », Bloomington, Indiana University press, 1999









