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La Méditerranée entre débats et confrontations : enjeux de recherches, récit médiatique

Par Maryline Crivello, professeur à l’Université de Provence – MMSH-Aix-en-Provence, et Thierry Fabre, responsable du Pôle EuroMed de la MMSH-Aix en Provence

 

 

 

 

Maryline Crivello est professeur des Universités (Université de Provence – UMR 6570 Telemme MMSH), responsable du Pôle Images/Sons de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme MMSH-Aix-en- Provence et du programme Imasud (Imaginaires des Sud, Sud imaginaires: héritages, mémoires et représentations en Méditerranée - Agence nationale de la recherche - CNRS). Elle a publié plusieurs ouvrages issus de ses travaux de recherche sur la télévision et les questions de mémoire ou d’usages du passé en France et en Méditerranée.

 

 

 

Thierry Fabre est responsable du Pôle EuroMed de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH) à Aix-en-Provence, ainsi que de la programmation du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM). Il est rédacteur en chef de la revue la « Pensée de Midi » et concepteur des « Rencontres d’Averroès ». Chercheur, spécialiste de questions culturelles internationales en Méditerranée, il a organisé de nombreuses manifestations et publié plusieurs articles et ouvrages sur ce thème.

Le monde de la recherche s’intéresse aux enjeux culturels euro-méditerranéens, notamment au sein de la Maison méditerranéennes des sciences des sciences de l’homme, département de l’Université de Provence. Maryline Crivello et Thierry Fabre retracent l’historique du volet culture et médias du Partenariat euro-méditerranéen, en posant le regard des chercheurs sur ces enjeux et la manière dont l’audiovisuel s’y inscrit. Ils rappellent également le véritable tournant dans le regard télévisé français sur la Méditerranée que marqua la série « Méditerranée » de Fernand Braudel en 1974, symbole d’une collaboration fructueuse entre un historien et des hommes de télévision.

La Méditerranée, pensée comme un ensemble politique et culturel, procède d’une lente sédimentation historique et d’une perception singulière du partage de l’espace. Les représentations du ou des monde(s) méditerranéen(s) dépendent fondamentalement des pays et des périodes que l’on interroge.

Du point de vue français et européen, cet espace a acquis, ces dernières temps, une place incontournable dans les enjeux politiques, économiques et diplomatiques. Les questions de droits de l’homme ou de conflits internationaux résonnent à l’échelle du monde. La mobilité humaine, migratoire ou touristique, en fait une zone essentielle de rencontres entre le Sud et l’Europe. Des dispositifs tels que le Partenariat euro-méditerranéen (PEM) ou l’Union pour la Méditerranée (UPM) cherchent à défier les affrontements potentiels de cette mer perçue comme une frontière. Parmi les grands enjeux mis au jour par la recherche1, la culture et les questions mémorielles occupent une place importante. Quel rôle peuvent tenir les médias, notamment audiovisuels, dans cette configuration ?

Partenariat euro-méditerranéen et dialogue culturel : une histoire d’avenir ?

Deux dispositifs ont pris forme ces dernières années, le Partenariat euro-méditerranéen (PEM), lancé en 1995 à la Conférence de Barcelone, et l’Union pour la Méditerranée (UPM) lancée lors de la Conférence de Paris en juillet 2008. Cependant, une crise du Partenariat euro-méditerranéen est apparue nettement, sur la scène publique internationale, à l’occasion de son dixième anniversaire à Barcelone en 2005. En effet, ce que l’on a appelé le «processus de Barcelone» s’avérait être un processus largement unilatéral, où l’Union européenne décide et où les pays du Sud et de l’Est méditerranéens appliquent des dispositions prises au Nord. Il s’agissait, en fin de compte, d’une forme d’hégémonie, non par la force mais par un ensemble de règles et de procédures contraignantes fixant aux pays partenaires du Sud un agenda à suivre et une « mise à niveau » à accomplir. De telles relations, asymétriques, ne pouvaient pas fonctionner durablement.

Rappelons cependant que le troisième volet du Partenariat euro-méditerranéen est intitulé : « Partenariat dans les domaines social, culturel et humain ». Cette volonté de renforcer les échanges culturels était déjà présente avant la Conférence de Barcelone dans le cadre de la  Politique méditerranéenne rénovée (PMR), mise en place par l’Union européenne à l’attention de ses voisins. Dès 1992, le Conseil de l’Europe avait adopté des programmes de coopération entre les universités (Med-Campus) ou encore entre les acteurs de l’audiovisuel (Med-Média). Ces programmes Med constituaient alors le cadre d’une coopération décentralisée, coordonnée et soutenue par la Commission européenne2. Le volet culturel n’a été ajouté que tardivement dans la Déclaration de Barcelone : ce n’est qu’en octobre 1995 que l’ultime programme de travail, texte qui sera adopté à Barcelone, inclut le volet culturel.

Dans la Déclaration de Barcelone, la culture est intégrée au processus : elle est présente dans le troisième volet mais aussi de façon transversale dans le document. Dès le préambule, elle apparaît comme une nécessité pour réussir à créer un espace de paix et de stabilité grâce à la «promotion d'une meilleure compréhension entre les cultures»3. Elle fait aussi l’objet d’engagements précis dans le cadre du  volet politique, puisque les partenaires doivent garantir dans leur pays les libertés individuelles tout en luttant contre les discriminations4. Le troisième volet détaille les ambitions du PEM sur le plan culturel : il s’agit de mettre en place un «Partenariat dans les domaines social, culturel et humain : développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles5». Cette injonction fait l’originalité de la Déclaration de Barcelone. Comme le souligne Paul Balta, pour la première fois, la « dimension culturelle a ainsi fait son entrée6» dans un programme de développement.

Il s’agit donc de limiter les conflits par l’intensification des relations culturelles en se basant sur le postulat que les tensions ont pour origine les préjugés et les représentations négatives que l’on se doit de combattre. Le programme de travail précise les domaines de la coopération : patrimoine, manifestations, coproductions, ou encore traductions. Un paragraphe est consacré aux médias qui sont considérés comme un moyen de « favoriser une meilleure compréhension culturelle ». En tant qu’outils de transmission de connaissance et principal lieu, avec l’école, de fabrication des images de l’autre, les partenaires voient dans les médias un outil puissant qu’il convient d’utiliser. La Déclaration de Barcelone donne donc des pistes de réflexion et d’action pour parvenir à rapprocher les peuples de la Méditerranée. Ainsi, le PEM propose un contre-modèle à la thèse du « choc des civilisations » de Samuel Huntington parue aux États-Unis en 19937. Le PEM répond à la thèse du conflit culturel par le dialogue des cultures et, dans cette perspective, les médias sont un outil majeur.

Le troisième volet a donc deux objectifs : créer du lien social, de la cohésion entre les peuples en insistant sur les éléments culturels communs non précisés et, dans le même temps, respecter la diversité religieuse et culturelle8. C’est le modèle européen de l’unité dans la diversité, appliqué à la Méditerranée9. Le volet culturel doit donc créer un espace culturel commun, fondement d’une identité méditerranéenne.

Plus de dix années après ces propositions, quel bilan peut-on dresser du partenariat culturel ? De 1995 à 2007, le volet culturel du partenariat semble avoir connu deux phases. Une première période, de 1995 à 2001, a été marquée par le difficile démarrage du PEM et, particulièrement, des projets culturels malgré un démarrage euphorique. De 2001 à 2007, l’ensemble des partenaires ont pris conscience de la nécessité de revitaliser le PEM et ont ainsi multiplié les initiatives.

L’année 1996 est marquée par une multiplication des réunions dans l’euphorie de la naissance du PEM. C’est durant cette première phase qu’on eut lieu les seules conférences sectorielles rassemblant les ministres de la culture des pays partenaires. La conférence de Bologne, en 1996, sur le thème du patrimoine culturel méditerranéen, a contribué à élargir la notion de patrimoine aux traces immatérielles du passé : tradition, écrit, audiovisuel. Durant cette même année, la IIIe Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen (Copeam) élabore un programme d’action ambitieux dans les domaines de la création, de la production et de la diffusion. La deuxième conférence sectorielle eut lieu à Rhodes en 1998 dans un contexte d’essoufflement et de désillusion du PEM, marqué par l’aggravation du conflit israëlo-palestinien. Les projets Med sont suspendus dès 1996, avant d’être remplacés par de nouveaux programmes en 2000. Un rapport de la Commission européenne daté de mars 2000 dresse un bilan du programme de financement Meda qui devait consacrer 3 435 millions d’euros au PEM de 1995 à 1999. Au total, seuls 26 % de la somme a été effectivement versé soit 850 millions d’euros. À la suite de ce rapport, la Commission entend revitaliser le partenariat : elle remplace les programmes Med par les programmes Euromed Héritage (patrimoine) et Euromed Audiovisuel, lancés durant les conférences de Bologne (1996) et de Thessalonique (1997).

Au début des années 2000, le dialogue avec le monde arabo-musulman constitue une urgence pour l’Union européenne, et le troisième volet du Partenariat euro-méditerranéen, longtemps négligé, est ainsi redynamisé. Un programme d’action pour le dialogue entre les cultures et les civilisations est adopté à Valence en 2002 lors de la conférence euro-méditerranéenne. Ce programme réaffirme prudemment la volonté de coexister en paix sans décisions concrètes et donne un accord de principe sur la création d’une fondation euro-méditerranéenne visant à promouvoir le dialogue interculturel. La Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures naît lors de la conférence de Dublin en 2004 ; c’est la première institution du PEM dont le siège est localisé dans un pays arabe, puisqu’il s’agit de la bibliothèque d’Alexandrie. L’association est financée par les États partenaires et la Commission européenne. Elle vise à mettre en réseaux professionnels, acteurs et institutions culturelles dans des secteurs aussi variés que l’éducation, les médias, et la jeunesse. Idéologiquement, la fondation constitue une innovation car elle permet de débattre des différences culturelles. Autre initiative en 2004, celle de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne. Il demande la formation d’un groupe de quinze « sages » pour réfléchir au dialogue entre les peuples. Les sages, dirigés par Assia Alaoui Bensalah et Jean Daniel, formulent une série de propositions visant à favoriser les échanges interculturels. Ils insistent sur le rôle de l’éducation, des mobilités mais aussi des médias en tant « qu’instrument privilégié du principe d'égalité et de connaissance réciproque10».

Ainsi, malgré des démarrages difficiles, le PEM est parvenu à imposer un cadre institutionnel aux échanges culturels. Les acteurs se sont appropriés ces cadres et ont créé des réseaux transnationaux et dynamiques. Cependant, certaines difficultés doivent être soulignées. Sur l’ensemble des projets, l’initiative vient souvent des pays de l’Union européenne et rarement des PTM (Pays tiers méditerranéens) . Les investissements du programme Meda ont permis à de nombreux projets de se réaliser (notamment dans le domaine de l’audiovisuel), mais il semblerait que les jeunes artistes émergents du monde arabe ne soient pas « captés » par les réseaux du PEM. De la même façon, les projets restent peu visibles et les initiatives privées rencontrent des difficultés pour s’intégrer dans le PEM à cause de la rigidité des cadres institutionnels.

Le Partenariat euro-méditerranéen, même s’il est parvenu à un certain nombre de résultats, par exemple à mobiliser de nombreux acteurs des sociétés civiles du nord et du sud de la Méditerranée qui ont investi ce dispositif pour faire avancer leurs causes et leurs projets, s’est en fin de compte retrouvé dans l’impasse. La centralité de la crise politique israélo-palestinienne, avec le retournement du processus de paix en processus de guerre, a, il est vrai, profondément pesé sur le processus de Barcelone, né dans le sillage de la conférence de Madrid et des accords d’Oslo. Comment, aujourd’hui, sortir le Partenariat euro-méditerranéen de l’impasse dans laquelle il s’est progressivement enfermé ?

L’initiative du président de la République française, en octobre 2007 à Tanger, a proposé en Méditerranée un nouveau dispositif politico-institutionnel. Prendre la Méditerranée comme un centre ou comme une région du monde à part entière, et pas seulement comme un sous-ensemble régional de l’Europe, était une idée originale. C’était le point de départ de l’initiative française en Méditerranée. Elle avait l’avantage de mettre l’ensemble des pays méditerranéens sur le même plan et de sortir d’une relation verticale, du Nord vers le Sud, de l’Europe vers la Méditerranée. Cette vision horizontale, voire transversale, de la Méditerranée, qui aurait pu être conçue comme une politique de coopération renforcée au sein de l’Union européenne, impliquant les pays concernés et selon une adhésion à géométrie variable, a néanmoins été négociée et présentée comme excluant un certain nombre de pays membres de l’UE non méditerranéens. L’Allemagne a, dès lors, vivement réagi à ce qui a été alors perçu comme une forme de démembrement de la construction européenne et a obtenu, en mars 2008, que le projet initial d’une « Union de la Méditerranée » soit transformé en une « Union pour la Méditerranée », impliquant l’ensemble des pays membres de l’Union européenne.

Bien que visant à sortir le processus de Barcelone de l’impasse, l’Union pour la Méditerranée s’avère un dispositif politique et institutionnel friable et certainement perfectible. Il y a un cap à maintenir qui fait de l’ensemble des pays membres de cette nouvelle Union des acteurs à part entière. Mais pour quoi faire ensemble ? Pour construire l’avenir, il s’agit de se donner les moyens d’inventer ou de réinventer ces dispositifs politiques et institutionnels, de multiplier les projets concrets entre acteurs de la société civile, de favoriser l’expression d’un monde de significations communes, face à la montée de la colère, des incompréhensions et de la peur, et de dessiner de nouveaux horizons, entre Europe et Méditerranée, là où les intérêts convergent et où peut se construire un possible espoir…

La recherche en sciences humaines et sociales, conjuguée à une pensée critique et au regard d’autres disciplines scientifiques, peut sans doute contribuer à apporter des éléments de réponse et à dessiner des formes nouvelles de compréhension de ce monde méditerranéen si complexe.

Enjeux de mémoires et rôle des médias

Parmi les enjeux qui travaillent nos sociétés bousculées par la mondialisation, les questions mémorielles, et leurs aspects potentiellement conflictuels en Méditerranée, interrogent particulièrement les chercheurs.
Plusieurs études fécondes, dont celles dirigées par Pierre Nora11, ont donné corps à ces besoins de mémoire et de commémorations et à cette dialectique toujours renouvelée entre le présent et le passé. Il est patent, pour la plupart des auteurs, que les liens, aussi peu étudiés soient-ils, sont effectifs entre la « demande sociale » de mémoire et l’impact de la médiatisation. La télévision (mais aussi la presse écrite et la radio) joue, pour le moins, un rôle de miroir de la manie de remémoration du passé si l’on songe par exemple à la guerre d’Algérie. Il existe un noyau de célébration indépendant des médias, formé par des instances officiantes, publiques ou non. Les médias, quant à eux, lors d’une première analyse grossière, appartiendraient à ces cercles concentriques qui se font l’écho de l’événement et alimentent la glose commémorative, tissant des liens virtuels entre les citoyens. Cependant, les travaux des spécialistes des médias et du discours d’information médiatique s’insurgent contre cette naïveté « naturelle » qui pourrait laisser penser que les médias ne sont que des instances de transmission de l’information. Bien au contraire, l’information « construit du savoir en discours et, comme tout discours, elle dépend à la fois du champ de connaissances qu’elle touche, de la situation d’énonciation dans laquelle elle s’insère et du dispositif dans lequel elle est mise en œuvre »12.

Les questions qui se posent, dès lors, sont, entre autres, celles de la validité des choix opérés et des critères de sélection des événements commémoratifs ou témoins/historiens invités. Quelles sont les règles du jeu qui déterminent les tris de mémoire ? Quelles sont les stratégies commémoratives discursives et formelles des chaînes de télévision, pour ce qui nous concerne ?

Si l’on accepte cette hypothèse, la télévision se positionne comme une instance organisatrice du symbolique. Sur le modèle de la télévision cérémonielle de Daniel Dayan et Elihu Katz13, il devient possible d’identifier des scénarios commémoratifs et évolutifs propres au récit médiatique ou des enjeux toujours renouvelés de notre rapport au passé. Désormais, les archives télévisées ont acquis un statut incontournable pour traiter des enjeux de mémoire dans la sphère publique, en sélectionnant des événements, en participant volontiers aux stratégies de commémorations ou en privilégiant la part du témoignage dans les documentaires.

Outre l’histoire des logiques politiques, institutionnelles ou professionnelles de ce moyen d’information, les historiens ont  en effet également investi l’approche culturelle et mémorielle du médium. Notons d’emblée que l’histoire elle-même a fait l’objet d’un traitement singulier. Que ces études soient générales (l’histoire à la télévision) ou spécialisées (la guerre d’Algérie, le traitement filmique de la Shoah), elles questionnent la « mobilisation des consciences » éveillée par une partie du public sur un passé controversé et parfois douloureux.

Les dispositifs de reconstruction de l’histoire, parfois plus que les contenus, interrogent aussi l’historien qui se doit d’être particulièrement vigilant face à des procédés d’illusion de l’histoire « en direct » (la guerre du Golfe, par exemple). Ils oblitèrent la longue durée au profit de l’événement et ne proposent qu’un angle de vue partiel sinon partial – la participation de correspondants des chaînes de télévision conforte une ubiquité tout aussi factice sur des images instantanées - le documentaire d’archives restant certainement le genre le plus délicat à manier pour une mise en perspective historique : ce n’est que très rarement que les archives utilisées sont rendues explicites et que le point de vue de l’auteur est spécifié.

Pour appréhender le monde de la télévision (le web est à ce jour devenu également incontournable pour en saisir ses enjeux), le citoyen a tout intérêt à interroger l’histoire afin de prendre la mesure de la nouveauté et de posséder les outils critiques pour comprendre, mettre à distance ou se repérer. Enfin, le problème est de se demander, avec Marc Ferro, si le cinéma et la télévision modifient ou non notre vision de l'histoire, étant entendu que l'objet de l'histoire n'est pas seulement la connaissance des phénomènes passés, mais également l'analyse des liens qui unissent le passé au présent, la recherche des continuités et des ruptures.

Les projets euro-méditerranéens en cours (Med-Mem, par exemple, voir plus bas) permettront sans aucun doute d’appliquer les modalités de fabrication de la mémoire par les médias au champ méditerranéen, encore peu étudié par manque d’accès aux archives. En effet, parmi les questions saillantes entre Europe et Méditerranée, on assiste de plus en plus à ce que l’historien Benjamin Stora appelle « une guerre des mémoires » 14.

Il y a là une source très contemporaine de la conflictualité et une scène à partir de laquelle il est possible de penser les formes de son dépassement. Dans cet espace chargé d’histoire(s), le passé et ses représentations pèsent incontestablement dans la façon dont les conflits identitaires se déploient, des Balkans au Proche-Orient, et du Maghreb à la Provence. Ces conflits de mémoires sont à la fois une des modalités d’expression des conflits intra- ou intercommunautaires, et à l’origine de ces antagonismes. Si l’instrumentalisation de l’histoire à des fins politiques constitue en effet une stratégie de légitimation incontournable pour les tenants du pouvoir au sein des États du pourtour méditerranéen, c’est bien parce que, à l’ère des États-nations, les sociétés ont construit un passé d’où l’autre est très largement exclu. L’oblitération de toute source d’hétérogénéité dans l’histoire de la nation et la fabrication d’un continuum historique tout entier tendu vers la réalisation du destin national ont donc permis de garantir la cohésion de la nation. Mais la violence avec laquelle les États, mais aussi les sociétés, réagissent à toute remise en cause de ce schéma d’identification, dénote une certaine fragilité identitaire de la part de ces communautés méditerranéennes.

Hypermnésie et occultation des traces de l’autre dans « mon passé » sont ainsi les deux symptômes symétriques d’un mal-être dont l’origine nous ramène à cette période de construction de l’État-nation moderne, lorsque s’est jouée la clôture de la communauté nationale, à travers à la fois des actes juridiques (traités internationaux, codes de la nationalité), mais aussi des pratiques d’exclusion et d’homogénéisation autour de valeurs et de symboles communs (comme la « République » en France, la « Révolution » et l’identité arabo-musulmane en Algérie, le sionisme et le judaïsme en Israël, l’hellénisme et l’orthodoxie en Grèce, le kémalisme en Turquie, etc.).

La Méditerranée semble donc représenter un terrain privilégié pour qui cherche à comprendre à quelles conditions ces conflits identitaires peuvent trouver un début de résolution. Ces mémoires antagonistes peuvent-elles cesser d’être un obstacle au rapprochement des peuples et, au contraire, contribuer à apaiser les blessures à vif à la source de ces conflits ?
C’est ici que le travail de mémoire, entrepris ici ou là, contribuerait à faire évoluer le sens que chaque communauté (nationale) donne à son passé pour le présent, de façon à devenir davantage compatible avec celui du voisin. Dans quelle mesure une démarche volontariste pour faire évoluer les représentations peut-elle réellement agir sur les mémoires ? Quelles sont les conditions structurelles pour que, par exemple, les tentatives de dévoilement d’un passé occulté modifient la cohérence du récit national et le statut de l’autre en son sein ?

Le travail de mémoire renvoie à un processus au cours duquel les représentations dominantes d’une communauté au regard de son passé peuvent être tout à la fois contestées, déplacées, reconfigurées en fonction de l’évolution même du contexte social et/ou géopolitique. Si les représentations évoluent lentement, il y a malgré tout des choix stratégiques qui aident à percevoir autrement certains épisodes de l’histoire, à adopter d’autres points de vue et ainsi à déplacer le regard sur l’autre. Le rôle des intermédiaires culturels, et notamment d’institutions comme l’école ou les médias, est essentiel pour recueillir, traduire, synthétiser et finalement transmettre ces autres regards sur le passé. Une telle prise en compte de la multiplicité des points de vue représente, en soi, une reconnaissance de l’autre, de la valeur de mémoires jusque-là minorées ; en même temps, cette question de la transmission constitue en elle-même un enjeu dans le cadre des conflits de mémoires qui continuent à se déployer autour, par exemple, de l’édification de lieux publics qui donnent visibilité et cohérence à certaines mémoires collectives.

Rien d’étonnant, dans ce contexte, à ce que la question de la médiation du travail de mémoire, de l’instrumentalisation, mais aussi de l’efficacité des outils et dispositifs proposés dans le cadre des « politiques de la mémoire », fasse l’objet de recherches de plus en plus nombreuses. Avec la multiplication des musées qui se proposent explicitement de répondre à la demande sociale, mais aussi au fameux « devoir de mémoire », on peut s’interroger sur le type de vision du passé que cette patrimonialisation induit et, surtout, sur la finalité de ces initiatives institutionnelles. D’autant plus qu’il existe désormais toutes sortes de médiatisations concurrentes, utilisant des supports très variés (Internet, audiovisuel, publications), qui induisent des interactions spécifiques entre producteurs et récepteurs des discours mémoriels.

Pour conclure au sujet de ces questions mémorielles, il apparaît, comme l’observait le philosophe Paul Ricœur, qu’« on ne se débarrasse pas des morts, on n’en a jamais fini avec eux »15. Si les sociétés de la Méditerranée veulent sortir du face-à-face, elles seront confrontées à la nécessité d’un « travail sur la mémoire ». Loin de toute « repentance », mais à partir d’une quête de « reconnaissance » de ce qui est advenu, il est un chemin possible pour sortir de la « guerre des mémoires ».

La construction d’un espace audiovisuel méditerranéen : regards croisés

Dans le bassin méditerranéen où s’affrontent des processus d’intégration et de segmentation, le questionnement concernant le rôle des télévisions reste entier. Comment participent-elles à la construction d’identités nationales, à la diffusion d’héritages ou à la perception des conflits ? Quels sont les écarts et les pratiques de réception des images télévisuelles ? Les antennes paraboliques, qui permettent aux téléspectateurs de part et d’autre des deux rives de regarder pour partie les mêmes émissions, contribuent-elles à forger des référents culturels communs ou au contraire nourrissent-elles des incompréhensions nouvelles ?

Si le processus de Barcelone fait l’objet de nombreuses interrogations, aujourd’hui liées tout particulièrement aux incidences du conflit israélo-palestinien, certains projets communs ont cependant dépassé les tensions. La mise en place du programme régional Euromed Audiovisuel, dès mars 1999, a révélé l’importance de l’espace audiovisuel méditerranéen. Ce projet était fondé sur cinq objectifs essentiels, dont la promotion du secteur audiovisuel, le transfert technologique, le transfert d’expertise et la coopération entre chaînes de radio ou de télévision, la promotion et la diffusion d’œuvres cinématographiques originaires des partenaires méditerranéens et de l’Union européenne, ou la valorisation du patrimoine audiovisuel et cinématographique de l’espace euro-méditerranéen. Parmi les six projets retenus, se trouvait, par exemple, une coproduction d’une série documentaire, « Elles…aux abords de l’an 2000 », portant sur « des portraits de figures féminines arabes méditerranéennes qui furent en avant garde de leur société de par leur talent artistique ou littéraire, ou par leur engagement politique ou féministe ». La société de production chargée de la coordination était celle du réalisateur égyptien Youssef Chahine.

Le projet CapMed, porté par l’Ina, visait quant à lui, à la création d’une base de données d’archives télévisuelles de programmes consultables en ligne via le Internet et accompagnées de notices documentaires traduites en trois langues (français, anglais, arabe). Dans son sillon, des initiatives universitaires ont fait la démonstration de l’importance du champ audiovisuel. Ainsi, le colloque international, « Télévision et Méditerranée. Généalogie d’un regard »16, en octobre 2003, à Aix-en-Provence, est venu accompagner la réflexion sur les hypothèses et les ressources à disposition des chercheurs pour exploiter les fonds télévisuels méditerranéens. Un second colloque s’est tenu à Casablanca, en décembre 2006, sur les  « Médias et la construction des identités collectives »17, ciblant les médias et les transformations du système international, les pouvoirs et contre-pouvoirs médiatiques puis les imaginaires politiques. Désormais, le nouveau projet de l’Ina, intitulé Med-Mem et financé par le programme européen Euromed Héritage 4, vient renforcer la prise de conscience collective, à l’échelle méditerranéenne, de la sauvegarde incontournable des archives de télévision comme patrimoine culturel à partager. La mise en perspective scientifique des archives est essentielle et rendu possible par des dossiers thématiques sélectionnées par un comité éditorial piloté par la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (Voir article MMSH). Tout récemment, enfin, l’ouvrage de Jérôme Bourdon, « Le Récit impossible »18, est venu s’atteler à la tâche délicate d’apprécier le discours des médias sur le conflit le plus couvert mais suscitant aussi les plus grandes insatisfactions, le conflit israélo-palestinien.

Ces résolutions institutionnelles et éditoriales qui se succèdent depuis dix ans sont significatives de la prise de conscience du pouvoir essentiel des médias pour comprendre le système de productions d’images et des discours en Méditerranée, ou les recompositions des espaces publics à l’échelle nationale ou internationale. On connaît bien, dès lors, la vision binaire qu’occasionne la Méditerranée, selon les choix d’interrogations : soit une Méditerranée des conflits, des partitions géographiques, idéologiques ou religieuses ; soit une Méditerranée à visée plus culturaliste, élaborée à partir d’enjeux coopératifs et fabrique de lien social.

Fernand Braudel, le regard télévisé français sur la Méditerranée

Vu de la France, un tournant majeur dans la représentation de la Méditerranée et une rencontre à la fois fertile et symbolique entre deux mondes, celui de la télévision et celui de l'université, s’incarnent dans la série « Méditerranée » de Fernand Braudel. Cet historien est véritablement devenu à la fin de sa vie une star des médias. Cette série fut l'une des étapes sur le chemin qui mena F. Braudel au firmament de la notoriété. La rencontre de F. Braudel avec la télévision est intervenue tardivement dans la vie de l'historien. Bien que passionné par les images, les moyens de communication et d'information modernes, il avait, tout au long de sa carrière, délégué à d'autres le soin de communiquer sur les ondes radiophoniques ou hertziennes. C'est donc à l'âge de 72 ans, en 1974, que F. Braudel a commencé à s'investir personnellement et réellement dans une aventure audiovisuelle, l'élaboration pendant deux ans de la série « Méditerranée ».

Ainsi, après avoir ignoré les médias dans les années 1960, Fernand Braudel s'engagea dans la mise en œuvre d'une série de douze émissions d'environ cinquante minutes chacune. Mais le projet en lui-même et le sujet des émissions n'étaient sans doute pas étrangers à cette décision. La télévision lui permettait certainement de renouer avec ses premiers émois d'historien : la Méditerranée, mais surtout une Méditerranée d'images et de sensations, celle qu'il rencontra pour la première fois à 20 ans en débarquant en Algérie. La diffusion de « Méditerranée » en 1976 marque une rupture avec l'attitude réservée que manifestait la télévision à l'égard de ce territoire, et constitue bien une démarche originale. La télévision a constitué un nouveau moyen, pour F. Braudel, de raconter l'histoire. Après l'écriture et l'enseignement oral, il pouvait, grâce à ce médium, restituer à un large public les images qui l'avaient fasciné dans sa jeunesse et qu'il avait tenté de retranscrire par les mots. La Méditerranée est appréhendée selon trois points de vue différents, trois échelles temporelles. À l'écran, douze angles d'attaque ont été choisis afin de parcourir "en tout sens et en tout temps" cet espace et afin, selon le magazine « Télérama », « de remonter aux sources profondes qui sont à l'origine de nos comportements sociaux et familiaux, de nos manières de penser et d'agir, de nos hantises et de nos espoirs » (septembre 1976). Un découpage thématique a donc été privilégié : « La terre », « La mer », « Laube », « L'histoire », « Les migrations », « La famille », « Espaces », « Rome, vers l'unité », « Un seul Dieu », « Mirage », « Venise, l'Empire des marchands » et « L'héritage » constituent les thèmes qui permettent de décliner la vie méditerranéenne. La série met en effet l'accent sur les particularités de cet espace, sur son unité, bien plus que sur les changements qu'elle a subis. Elle brosse parfois des tableaux pluriséculaires en balayant d'immenses périodes, comme dans l'épisode « migrations », où les mouvements des hommes en Méditerranée sont relatés depuis l'arrivée des Indo-Européens à la fin du IIIe-début du IIe millénaire avant J.-C. jusqu'à nos jours.

La série connut un véritable succès lors de sa diffusion. Les critiques parues dans « Télérama » étaient d'ailleurs dithyrambiques. À l'occasion de la diffusion du deuxième épisode, « La mer », le 1er octobre 1976, la série y était présentée comme « un extraordinaire dialogue du passé avec le présent. Douze émissions exceptionnelles, diffusées deux fois de suite chacune (...). Un ensemble impressionnant et passionnant, moisson d'images qui a demandé cinq ans de travail (...) ».

La série a donc permis à la Méditerranée d'être reconnue en tant qu'objet scientifique et en tant qu'héroïne télévisuelle. L'impact de ces émissions a, semble-t-il, été plus important pour cet espace méditerranéen que pour l'historien qui y a consacré une partie de sa vie. La série télévisée brosse le portrait d'un espace unifié formant un monde à part entière. Mais, à l'intérieur de ce monde, dominent des contrastes, des particularismes et des excès. La métaphore assimilant la Méditerranée à une mosaïque prend ici tout son sens. Le langage audiovisuel se joint au discours scientifique pour construire cette mosaïque et lui donner vie. Les hommes qui peuplent la Méditerranée sont bien évoqués dans la série, mais leur présence à l'écran se fond dans le traitement de leur territoire, privilégié par Fernand Braudel. La caméra tente de saisir le pluriel plutôt que le singulier, les réalités collectives plutôt que les aventures individuelles. Cependant, au-delà des contrastes et des divisions dans cette série télévisée, comme dans l'œuvre de Fernand Braudel, la Méditerranée apparaît comme un ensemble unifié, un monde en soi. Dans son rapport au public à travers les journalistes et dans sa relation à son sujet – la Méditerranée ou Venise – , la position de F. Braudel à l'écran oscille entre expertise et intimisme. En effet, une dimension affective fait régulièrement intrusion dans son discours; un champ sémantique des sentiments et un ton particulièrement enthousiaste trahissent sa tendresse pour l'objet de son étude. Pour F. Braudel, cette tendresse, cette intimité avec l'objet étudié ne constitue pas un crime de subjectivité et, au contraire, est garante d'une certaine honnêteté intellectuelle.

La série « Méditerranée » permet d'aborder le problème de la transmission d'un savoir, historique en l'occurrence, par la télévision, ainsi que celui d'une éventuelle vision filmique de l'histoire, en marge des productions historiques traditionnelles. Selon l’historien Marc Ferro, « Le problème est de se demander si le cinéma et la télévision modifient ou non notre vision de l'Histoire, étant entendu que l'objet de l'Histoire n'est pas seulement la connaissance des phénomènes passés, mais également l'analyse des liens qui unissent le passé au présent, la recherche des continuités, des ruptures »19. On peut considérer que la série « Méditerranée » offre une réponse positive à cette question puisqu'elle éclaire cette problématique des correspondances entre hier et aujourd'hui, puisqu'elle fait le jour sur les permanences du milieu, des sociétés et de la culture méditerranéenne. De plus, les outils propres au film de télévision permettent une approche de ces problèmes différente de celles proposées par l'écrit.

La série réunit bien ces deux aspects : dans chaque épisode, les images du présent permettent d'expliquer des phénomènes d'hier, tandis que le visage du monde actuel est éclairé par la connaissance du passé. La mémoire de la terre, de la mer, des sociétés est aussi mise à contribution afin de poser un regard original sur la Méditerranée et non de proposer une simple reconstitution historique. Cette série constitue donc un bon exemple, un symbole certainement, de collaboration entre des scientifiques, des intellectuels et des hommes de télévision afin d'élaborer un discours commun et original.

Maryline Crivello, professeur à l’Université de Provence – MMSH-Aix-en-provence,
Thierry Fabre, responsable du Pôle EuroMed de la MMSH-Aix en Provence
(Date de mise en ligne : 07/04/2010)

 

La Maison méditerranéenne des sciences de l’homme– Aix-en-Provence (MMSH)
Membre du Groupe d’intérêt scientifique (GIS) « Réseau national des Maisons des sciences de l’homme », la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme est un campus de recherche et d’enseignement en sciences humaines et sociales, spécialisé sur le monde méditerranéen.
Fondée en 1996 et actuellement dirigée par Brigitte Marin, cette structure d’accueil, de soutien et de diffusion de la recherche regroupe dix laboratoires, l’École doctorale « Espaces, Cultures, Sociétés » et des unités d’enseignement (Département d’Anthropologie et Département des Sciences de l’Antiquité, relevant de l’UFR « Civilisations et Humanités » de l’Université de Provence). Cette structure fédérative d’appui à la recherche favorise la promotion d’une interdisciplinarité active, avec des programmes de recherche transversaux et des pôles de compétences techniques. Elle participe à la formation à la recherche et à l’intégration des jeunes chercheurs par l’accueil des étudiants de l’École doctorale. Elle assure la mise en œuvre et la coordination de programmes européens et internationaux dans le domaine des études méditerranéennes.

Un centre de recherche sur la Méditerranée
Ayant pour mission de faciliter les comparatismes et les dynamiques interdisciplinaires dans le champ des sciences humaines et sociales, la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, structure de service et d’animation de la recherche, appuie les activités des unités de recherche qu’elle fédère en mettant à leur disposition des équipements communs et des outils mutualisés. La MMSH héberge des équipes, des pôles de compétences techniques, des programmes de recherche transversaux et interdisciplinaires ; elle anime et coordonne des réseaux de recherche internationaux.
-Pôle Images et Sons (responsable : Maryline Crivello), pour le traitement de l’image et des archives sonores, ainsi que la mise en œuvre d’une réflexion sur les modalités de l’édition électronique.
-Pôle Espace, représentations et usages (responsable : Jean-Luc Arnaud), pour l’analyse et l’utilisation de la documentation cartographique par les chercheurs en sciences sociales.
Pôle EuroMed (responsable : Thierry Fabre), pour la construction et l’inscription des études méditerranéennes dans la politique européenne de la recherche.
La MMSH suscite l’émergence de nouveaux programmes scientifiques, associant différentes unités de recherche, en partenariat avec d’autres équipes nationales et internationales, renouvelant objets, terrains et approches dans le domaine des études méditerranéennes. Elle favorise les croisements disciplinaires, l’exploration de nouvelles thématiques de recherche et accompagne le développement de programmes de recherche transversaux. Elle accueille également des programmes qui s’inscrivent dans les projets et thématiques transverses du Réseau  national des Maisons des sciences de l’homme.

Un lieu de formation
L’École doctorale 355 « Espaces, Cultures, Sociétés » rassemble 650 doctorants, répartis dans 22 laboratoires d’accueil, dont les 10 unités de recherche de la MMSH, dans 11 champs disciplinaires (Préhistoire, Archéologie, Histoire de l’art, Histoire, Langues et littératures anciennes, Sociologie, Anthropologie, Géographie, Urbanisme et aménagement du territoire, Mondes arabe, musulman et sémitique, Études romanes).

Mémoires universitaires de jeunes chercheurs sur la Méditerranée et l’audiovisuel

Sophie Gebeil, « L'audiovisuel dans l'espace politique méditerranéen », Master 2, Aix-en-Provence, 2010.
Sabine Quilici, « Chroniques méditerranéennes, exemple d'une coopération audiovisuelle », 1995-2000, Master 1, Aix-en Provence, 2001.
Anaïs Guilpin, « Quelle Méditerranée à la télévision ? 1995-2004 : le temps de la légitimation », Master 1, Aix-en-Provence, 2004
Delphine Léoni, « La Méditerranée à la télévision française de 1960 à 1994 », Master 1, Aix-en-Provence, 2003.
Lisa D'Orazio, « La Corse à l'écran. Entre construction d'identités et ouverture vers la Méditerranée », Doctorat, Aix-en-Provence, 2009.

 

1. Ce texte repose sur les travaux menés par le Pôle EuroMed de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH, département de recherche de l’Université de Provence). Il reprend les principaux résultats de la note de synthèse établie par Thierry Fabre, avec le concours de Michel Péraldi, de Mohamed Tozy, de Marco Medina et de Cédric Parizot ainsi que  des éléments de publications récentes des chercheurs de la MMSH. Le Pôle EuroMed coordonne le Réseau d’excellence des centres de recherche en sciences humaines sur la Méditerranée, Ramses², réseau international de recherche en sciences humaines et sociales qui rassemble, dans l'espace euro-méditerranéen, 33 institutions de recherche et différents laboratoires du CNRS. Il s'inscrit dans le cadre de la politique européenne de la recherche (6e PCRD) et il est financé, pour 4 ans, par la Commission européenne à hauteur de 3,4 millions d'euros. La MMSH d'Aix-en-Provence est l'institution scientifique chargée de la coordination du réseau. L’objectif principal de Ramses² est de constituer un nouveau domaine d’études et d’analyse comparée, le domaine des études méditerranéennes. Il réunit de nombreuses disciplines : archéologie, histoire, ethnologie, sociologie, sciences politiques… Il s’agit, avec Ramses², de construire un espace euro-méditerranéen de la recherche et de favoriser un mode de « faire ensemble » qui soit durable entre les institutions scientifiques qui composent le réseau ». http://ramses2.mmsh.univ-aix.fr/Actualites/A-la-Une.htm
2. Paul Balta, « Le projet culturel euro-méditerranéen. Intentions et réalités. », Confluences Méditerranée, L’Harmattan, n° 21, printemps 1997, p. 23.
3. « Déclaration de Barcelone », adoptée lors de la Conférence euro-méditerranéenne (27-28 /11/ 1995), p. 1,
4. Ibid., p. 2.
5. Ibid., p. 7.
6. Paul Balta, Op. cit., p. 23.<
7. Samuel P. Huntington, «Le Choc des civilisations », Paris, Odile Jacob, 1997.
8. Isabelle Schafer, « La dimension culturelle du partenariat euro-méditerranéen : bilan de dix ans de coopération interculturelle », in Thierry Fabre, Emilio La Parra, (dir.), « Paix et guerres entre lescultures. Entre Europe et Méditerranée », Arles Actes Sud, MMSH, coll. « Études méditerranéennes », 2005, p. 177-204.
9. Odile Chenal, « L'Europe et la culture : combien de politiques ? », La Revue du Midi, Actes Sud, Arles, n° 16, octobre 2005, p. 66.
10. « Bulletin d’information de la Commission européenne » n° 174/175, octobre 2003. Disponible en ligne : http://www.delmar.ec.europa.eu/fr/bi174/bi174_sages.htm
11. Pierre Nora (ed.), Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1984-1992 ,7 volumes.
12. Patrick Charaudeau, « Le Discours d’information médiatique : la construction du miroir social », INA-Nathan, Paris, 1999, p. 35.
13. Daniel Dayan et Elihu Katz, « La Télévision cérémonielle », Paris, PUP, Coll. « La politique éclatée », 1996.
14. Benjamin Stora, « La Guerre des mémoires. La France face à son passé colonial », La Tour d’Aigue, Éditions de l’Aube, 2007.
15. Paul Ricoeur, « La Mémoire, l’histoire, l’oubli »,  Paris, Seuil, 2000.
16. Bernard Cousin, Maryline Cirvello (dir.), « Télévision et Méditerranée. Généalogie d’un regard », Paris, Ina, L’Harmattan, 2008.
17. Khadidja Mohsen-Finan (dir.), « Les Médias en Méditerranée. Nouveaux médias, monde arabe et relations internationales », Arles, Actes Sud, Barzakh, 2009.
18. Jérôme Bourdon, « Le Récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias », Paris, Ina, De Boeck, 2009.
19. Marc Ferro, « Film et histoire », coll. « L’Histoire et ses représentations », Paris, Éditions de l'EHESS, 1984.

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